DECLARATION

DE LA 9ème SESSION DU CONSEIL DE

L’UNION PARLEMENTAIRE DES ETATS MEMBRES DE L’OCI

Kuala Lumpur – Malaisie

27-28 Moharram 1428 H

15-16 février 2007

             Le Conseil de l’Union Parlementaire des Etats Membres de l’Organisation de la Conférence Islamique (UPCI) s’est réuni en sa 9ème Session à Kuala Lumpur, en Malaisie, les 27-28 Moharram 1428H (15-16 février 2007) sous la présidence du Président de la Chambre des Représentants Malaisienne, S.E. Monsieur Tan Sri Dato Seri Diraja Ramli  Ngah Talib et avec la participation des Représentants de 34 Parlements Membres de l’UPCI.

 

            Les participants ont procédé à l’examen des développements et des défis qu’affronte le monde islamique et ont  conclu à ce  qui   suit :

 

1.                  Le Conseil de l’UPCI, profondément bouleversé par les derniers actes terroristes criminels perpétrés dans la Mosquée d’Al Aqsa sous des allégations fallacieuses infondées, erronées et contraires au droit international humanitaire et aux principes religieux et éthiques, condamne ces agressions et demande à la communauté internationale d’intervenir immédiatement en vue de mettre fin à l’arrogance israélienne et de déjouer les visées d’Israël contre ces lieux saints au mépris des droits et des normes internationaux. 

 

2.                  L’UPCI se félicite de l’Accord inter palestinien conclu à Mekkah Al Moukaramah et rend hommage au rôle joué par le Royaume d’Arabie Saoudite pour réparer ce différend et exhorte les Palestiniens à respecter ledit Accord et à unifier leurs rangs face au vrai ennemi et ce, en vue du recouvrement de leurs droits légitimes.

 

3.                  L’UPCI demande à la communauté internationale et aux parlements internationaux d’intervenir pour que soient libérés le Président du Conseil législatif palestinien, Aziz Al Duweik et ses collègues ainsi que les membres du Conseil des Ministres palestiniens détenus, voire kidnappés, par Israël qui ne tient pas compte de l’immunité parlementaire dont ils jouissent ni de leurs droits démocratiques légitimes ; et exhorte les Organisations des droits de l’Homme y compris  le Comité des Droits de l’Homme  de  l’UIP  à  assumer leur mission  et à défendre ces droits.

 

4.                  Les participants expriment leur grave préoccupation et leur condamnation concernant la situation regrettable que vit le peuple irakien frère, à savoir les attaques terroristes  répétées et continues contre les saints  mausolées religieux sacrés, les mosquées, les lieux de prière, les sites religieux, les écoliers, les étudiants des universités, la police et les postes militaires et en particulier contre les hommes de religion, les Ulémas, les intellectuels et les professeurs d’universités. Ils réclament en outre la non-ingérence dans les affaires intérieures de l’Irak, le respect de sa souveraineté ainsi que le respect de la libre volonté du peuple irakien de choisir le système politique et administratif susceptible de garantir l’unité des territoires et du peuple irakien et d’aider le Gouvernement irakien à reconstruire ses institutions sécuritaires et militaires en vue d’instaurer la loi, de mettre fin au terrorisme afin d’évacuer les forces étrangères multinationales.

 

5.                  L’UPCI réafirme  sa dénonciation de l’occupation israélienne continue au Golan Syrien, les fermes de Sheb’a et les autres territoires libanais. Il condamne également le refus d'Israël de fournir  aux Autorités palestiniennes la carte indiquant l’implantation des mines, ce qui compromet la sécurité et qui porte atteinte à la liberté du peuple palestinien.

 

6.                  Il condamne par ailleurs la guerre israélienne injustifiée déclenchée contre le Liban en juillet (tamouz) 2006 et réaffirme le droit de la résistance libanaise à poursuivre ses efforts visant  la libération totale des parties toujours occupées des territoires libanais ainsi que son droit à résister à toute agression visant le Liban.

 

7.                  Il appuie la République sœur du Soudan dans sa recherche d’une solution à la crise du Darfour par les voies pacifiques, dans le cadre de la réconciliation nationale regroupant tous les citoyens du Darfour et leur garantissant leur citoyenneté en dehors de toute intervention militaire étrangère ou internationale non sollicitée par la République du Soudan.

 

8.                  L’UPCI  Conseil appelle à régler le problème des milliers de réfugiés de Darfour qui ont fui au Tchad et à leur fournir une assistance alimentaire, sanitaire et de logement vu que l’Etat du Tchad est incapable à lui seul de faire face à ce problème et que pour le faire, il a besoin de l’aide de tous les Etats islamiques.

 

9.                  L’UPCI  appelle à trouver une solution au problème de la Somalie dans le cadre d’une réconciliation nationale réunissant toutes les factions du conflit ainsi qu’à l’évacuation de toutes les forces étrangères afin que ce peuple puisse se consacrer aux causes du développement et du progrès.

 

10.              Condamne le terrorisme sous toutes ses formes tout en distinguant le terrorisme de la résistance honorable et juste ; considère que le terrorisme d’Etat pratiqué par Israël contre le peuple palestinien est la pire forme de terrorisme et refuse l’esprit de sélectivité  et la politique de duplicité dans la lutte contre le terrorisme ainsi que toutes les tentatives de lier le terrorisme à une religion ou à une culture donnée.

 

11.              Considère que la politique des deux poids, deux mesures dans les questions internationales a porté préjudice à la paix internationale et a renforcé l’idée du terrorisme individuel et collectif, vu que cette politique est marquée par une partialité aveugle en faveur d’une partie contre l’autre sans tenir compte des droits des peuples islamiques et sans traiter, avec réalisme, leurs souffrances et leurs problèmes et  causes chroniques. Et en conséquence, le vrai critère réside dans les droits reconnus sur le plan international ou ceux jouissant du consensus international dans le cadre des droits des peuples à la paix et à la sécurité. Aussi, les pratiques de l’administration américaine, telles que les violations flagrantes des droits de l’Homme dans les camps d’internement de Guantanamo constituent-elles une duplicité injuste, tandis que cette même administration appelle, voire impose - comme elle prétend – la réforme démocratique et les droits de l’Homme à tous les autres Etats.

 

12.              Reconnaît le droit de tout Etat membre signataire du « Traité pour la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) » à l’usage de la technologie nucléaire dans le cadre du contrôle effectif de l’Agence internationale de l’Energie atomique, conformément aux dispositions du (TNP) et au protocole d’inspection, et approuve que la prolifération des armes de destruction massive constitue une menace sérieuse à la sécurité régionale et internationale.

 

13.              Exprime son inquiétude concernant les pressions exercées sur la République islamique d’Iran pour l’empêcher de tirer profit de l’usage pacifique de l’énergie atomique et dénonce la politique des deux poids, deux mesures adoptée par certaines puissances et organisations internationales à l’égard du Proche Orient tout en ignorant les violations et les agressions perpétrées par Israël loin de tout contrôle international bien que ces agissements menacent la sécurité et la stabilité dans toute la région.

 

14.              Réaffirmant de nouveau  les résolutions précédentes de la Conférence islamique relatives à la question chypriote, ainsi que celles de l’UPCI, elle  regrette  que les déclarations et appels du Secrétaire Général des Nations Unies, des Organisations internationales et des divers Etats ainsi que les résolutions adoptées par les différentes Organisations internationales pour mettre un terme à l’isolement des chypriotes turcs n’aient  pas donné les résultats escomptés jusqu’à présent  et appelle les Etats membres à  renforcer la  solidarité  effective avec l’Etat Chypriote Turc, à   établir  des relations étroites avec lui en  vue de l’aider  à  surmonter l’isolement inhumain qui lui  a  été  imposé et à   renforcer les relations  avec lui dans  tous les domaines et particulièrement en ce qui  concerne le transport direct, le commerce, le tourisme, la culture, la publicité, les investissements et les activités  sportives.

 

15.              Rappelant les principes de la Charte de l’Organisation de la Conférence islamique et les Résolutions adoptées par les Conférences islamiques au Sommet de l’OCI, les Accords, les Déclarations et les Chartes internationales appelant au respect des droits de l’Homme notamment les droits politiques, sociaux, culturels et économiques et la liberté du culte ; rappelant également et en particulier la Convention de Lausanne garantissant les droits de la minorité musulmane en Thrace occidentale tels que son droit à sa propre langue, ses rites religieux et l’élection libre de ses représentants dans tous les domaines, Appelle la Grèce à prendre les mesures susceptibles de garantir le respect des droits et des libertés fondamentaux de la minorité musulmane turque en Thrace Occidentale et ce, conformément aux Traités, Accords multilatéraux et bilatéraux signés par la Grèce.

 

16.              Remarque avec une vive inquiétude que le problème de Cachemire, qui perdure, n’a pas été réglé durant les 58 dernières années, ce qui a causé de grandes souffrances au peuple de Cachemire ; appuie le droit de la population de Cachemire à l’autodétermination et insiste sur le règlement de ce problème conformément aux résolutions des Nations Unies y afférentes.

 

17.              Estime que le dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions est la seule voie susceptible de mener à une compréhension mutuelle de problèmes en suspens et favorise le langage de la paix et de la quiétude parmi les peuples comme le réclame le monde islamique et comme il souligne dans tous ses fora et instances dans une tentative de dépasser toutes les déformations apportées à son image par les médias occidentaux et leurs campagnes mensongères, ce qui doit nous inciter à utiliser la voie du dialogue.

 

18.              Demande que le problème des enfants libyens contaminés par le virus du Sida par un groupe d’infirmières bulgares et un médecin palestinien  soit considéré comme un problème humain et moral contre des enfants innocents et un crime contre leur droit. Estime que la politisation de ce problème est une agression contre la loi, la transparence et l’équité de la justice libyenne face à ce problème et demande au Parlement Européen de réexaminer ses menaces de reconsidérer ses relations avec la Grande Jamahireya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste.

 

19.               Le Conseil appelle à la solidarité avec les Etats et les régions islamiques frères, avec en tête la Somalie, Darfour et le Mozambique, victimes de la sécheresse et des inondations. Il lance également un appel aux Etats Membres de l’OCI pour qu’ils envisagent l’annulation ou l’allégement des dettes des pays membres pauvres qui entravent  leurs efforts de développement.

 

20.              L’UPCI  demande que le rôle de la femme dans la société islamique soit renforcé et que ses droits politiques, culturels et sociaux soient garantis afin qu’elle puisse prendre part positivement et efficacement au développement et invite les Parlements islamiques à mettre au point des plans et des programmes susceptibles de mener à cet objectif et d’encourager la créativité.


21.              Exhorte tous les musulmans à éviter toutes sortes de différends, abstraction  faite de leurs raisons et de s’attacher à l’unité de la Oummah islamique et à sa solidarité tout en prenant en considération les défis graves, complexes et croissants auxquels elle fait face et le fait que tout différend inter islamique ou entre les adeptes des différentes écoles de pensée islamique, en ces circonstances, est de nature à mener à la discorde entre les Etats de la Oummah islamique, à l’affaiblissement de leurs potentialités et de leur capacité à affronter les défis communs.

 

22.              Exprime son plein appui aux minorités musulmanes dans les Etats non islamiques pour qu’elles puissent jouir de leurs droits et libertés fondamentales au sein de leurs sociétés et exhorte les Etats non islamiques à garantir à leurs minorités leurs droits religieux, politiques, civils, économiques, sociaux et culturels.

 

23.              Dénonce l’invasion culturelle sous toutes ses formes, qui ne tient pas compte des valeurs religieuses et culturelles des autres Etats, notamment en ce qui concerne les valeurs et les principes religieux et invite à élaborer, sans délai, un document international contraignant pour empêcher toute atteinte aux valeurs, principes et croyances.

 

24.              Le Conseil condamne avec force les agressions arméniennes continues contre la République d’Azerbaïdjan ainsi que les agissements illégitimes des forces armées arméniennes dans les territoires azéris occupés (nettoyage ethnique, destruction barbare du patrimoine culturel islamique et pillage des ressources naturelles). Le Conseil demande le retrait immédiat des forces arméniennes des territoires azéris occupés.