Déclaration du Khartoum

Adoptée par

La 17ème Réunion du Comité Exécutif De l’Union Parlementaire

Des Etats Membres de l’OCI

 

 

            Le Comité Exécutif de  l’Union Parlementaire des Etats Membres de l’OCI,  réuni  en sa 17ème Réunion  au  Khartoum les 22et 23 Sha’ban 1428 H ( les 4 et 5 Septembre 2007), sous la présidence de S.E.M. Ahmed Ibrahim Al-Taher, Président de l’Assemblée Nationale Soudanaise, Président de la  10ème Session du Conseil de l’UPCI, Président d’office de la 17eme Réunion du Comité Exécutif  et ce, en présence des Membres de ce dernier ;

 

            Discutant les Questions inscrites à l’Ordre du Jour  ainsi que les défis auxquels le monde islamique est confronte, le Comité Exécutif :

 

1.         Condamne avec force les caricatures outrageantes envers notre Prophète Mohammad (psl) et souligne la nécessité d’agir sur le plan international pour prendre les décisions susceptibles d’assurer le respect des symboles religieux et saints loin de tout affront ou mépris tout en considérant de pareils actes comme des crimes  dont  les auteurs méritent des sanctions dissuasives,

 

2.         Rejette toute sorte d’invasion culturelle quelles  que soient les valeurs religieuses et culturelles des autres Etats surtout en ce qui concerne les valeurs et principes religieux et appelle  à conclure, le plus tôt possible, une charte internationale contraignante interdisant tout affront  à l’encontre des croyances, des valeurs et des principes,

 

3.         Exprime sa vive inquiétude du déchirement du corps palestinien, voire de l’unité palestinienne et  appelle toutes les factions à  engager le dialogue en vue de serrer les rangs et unifier les positions pour faire face à l’ennemi réel ( Israël ) et garantir le choix du peuple palestinien et son droit constitutionnel à établir son Etat indépendant avec comme capitale Al-Qods Al-Sharif, tout en soulignant le droit des expatries, déplacés et réfugiés palestiniens au retour à  leur Etat attendu ,

 

4.         Condamne les tentatives de judaïser Al-Aqsa et les lieux saints musulmans et chrétiens  à Al-Qods ainsi que les fouilles et les tunnels effectués au–dessous  et refuse  le Mur d’apartheid,

 

5.         Exhorte la Communauté Internationale, le Conseil des Droits de l’Homme, le Comité des Droits de l’Homme relevant de l’Union Interparlementaire ainsi que toutes les Instances concernées à agir pour qu’Israël  relâche le plus tôt possible les prisonniers de guerre palestiniens et les membres du Conseil législatif palestinien,  enlevés et détenus  et à leur tête Dr Aziz Al-Doweik, Président du Conseil législatif, et refuse l’esprit de sélectivité et la politique de deux poids, deux mesures  vis-à-vis des dossiers des droits de l’Homme,

 

6.         Appelle le peuple irakien frère qui se trouve au bord du gouffre d’une guerre civile, à unir ses rangs dans cette période pénible, exhorte ses leaders de toutes les communautés et catégories  à prendre conscience des dimensions de la conjoncture actuelle et de l’abîme de conséquences et implications inconnues, auquel est poussé le peuple irakien  et à agir en tant que bloc uni pour surmonter la crise et mettre fin à l’occupation étrangère et ce, selon un calendrier fixe et sous l’égide de la Légalité internationale et des principes et dispositions du Droit international,

 

7.         Stigmatise l’occupation  israélienne continue du Golan syrien, des fermes libanaises de Sheb’a  et du reste des territoires libanais, souligne le droit de la Résistance libanaise  en vue de libérer les parties occupées des territoires libanais  et exhorte les frères au Liban  à résoudre leurs problèmes avec l’esprit patriotique sincère et le recours à la raison pour prévenir la zizanie et les ingérences étrangères  tendancieuses,

 

8.         Appuie l’unité et la souveraineté du Soudan  et surtout son peuple et son territoire, souligne son droit au refus de toute forme d’ingérence dans ses affaires intérieures et toute sorte de tutelle sur la prise de décision,

 

9.         Renforce les efforts déployés par le Gouvernement d’unité nationale au Soudan pour contenir le problème du Darfour et  offrir tout appui nécessaire à la sauvegarde des Accords signés pour le rétablissement de la paix et de la sécurité et en premier lieu l’Accord de la paix globale, l’Accord    d’Abuja pour la paix  au Darfour, l’Accord de l’Est du Soudan et ce, de manière à faire échec aux tentatives de ceux qui provoquent la sédition, l’intervention extérieure et l’instabilité,

 

10.       Se félicite de l’entente  réalisée entre le Gouvernement du Soudan d’une part et l’Union Africaine et les Nations Unies d’autre part, pour résoudre globalement le  problème du Darfour et exprime son optimisme de la coïncidence de la visite  du Secrétaire Général des Nations Unies au Soudan avec les séances de sa Réunion au  Khartoum et espère que cette visite contribuera  aux efforts déployés pour résoudre  le problème,

 

11.       Renouvelle la confiance à  l’Union Africaine à travers l’opération hybride pour qu’elle poursuive son rôle au Darfour et exhorte  les Nations Unies  à honorer ses engagements  vers ces forces au moyen de l’appui technique, technologique et logistique,

 

12.       Appelle le peuple somalien frère à sauvegarder son unité nationale, cesser les  hostilités entre les fils du même peuple, mettre en place ses organismes constitutionnels avec démocratie et transparence de manière à  servir les intérêts du peuple somalien frère et à  prévenir le fantôme de l’intervention étrangère et en conséquence, le Comité exhorte tous les Etats Membres à régler les conflits entre les frères musulmans par des moyens pacifiques et conformément aux principes et  recommandations de l’Islam,

 

13.       Condamne le terrorisme sous toutes ses formes, le distingue de la résistance honorable et juste, constate que le terrorisme d’Etat que pratique Israël contre le peuple palestinien constitue la pire forme de terrorisme et déclare son refus de l’esprit de sélectivité et  de la politique de deux poids, deux mesures dans la lutte contre le terrorisme  ainsi que toutes les tentatives visant à lier le terrorisme à telle religion ou telle culture,

 

14.       Admet le droit de tous les Etats membres  à la Convention de la Non-prolifération des armes nucléaires à l’usage pacifique de la technologie nucléaire dans le cadre du contrôle effectif de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique  et ce, conformément aux dispositions de la Convention de la Non–prolifération des armes nucléaires et au Protocole d’inspection, et approuve que le déploiement des armes de la destruction massive constitue une menace sérieuse à la sécurité régionale et mondiale,

 

15.       Exprime sa vive inquiétude des pressions exercées sur la République Islamique d’Iran pour la priver de  bénéficier de l’usage pacifique de l’énergie nucléaire et dénonce en même temps la politique de deux poids, deux mesures pratiquée dans la région du Proche–Orient   par certaines Puissances et Organisations internationales tout en ignorant l’arsenal nucléaire israélien  et les menaces directes qu’il constitue contre la  sécurité de la région,

 

16.       Réitère les Résolutions précédentes de la Conférence Islamique sur la question chypriote ainsi que les Résolutions de l’UPCI, regrette vivement  que les Communiqués et appels adoptés par les Nations Unies, les Organisations internationales et les différents Etats pour que soit mis un terme à l’isolement des chypriotes turcs  n’aient pas abouti, jusqu’ici,  à des résultats tangibles et appelle les Etats Membres à renforcer leur solidarité et leurs relations étroites  dans tous les domaines avec l’Etat chypriote Turc en vue de l’aider à surmonter cet isolement inhumain,

 

17.       Constate que le dialogue intercivilisationnel, interculturel et interreligieux est la  seule voie qui puisse mener à l’entente et à la compréhension mondiale des problèmes  irrésolus et  propager le langage de paix et de tranquillité  parmi les peuples, et c’est  ce que réclame   et souligne notre monde islamique dans tous ses forums, instances et dialogues pour faire face aux tentatives de diffamation faites par l’information et les medias occidentaux, d’où notre attachement au langage du dialogue,

 

18.       Exhorte tous les musulmans à éviter tous les différends en dépit de leur cause, à  s’attacher fermement à l’unité de la Oumma islamique et à sa solidarité  tout en tenant compte des défis sérieux, compliqués et croissants auxquels toute la Oumma est confrontée, et à  être conscients  que, dans de telles circonstances, tout différend entre les Etats islamiques ou entre les adeptes des différentes Ecoles de pensée  islamiques, est de nature à diviser la Oumma, détruire ses potentialités et ses capacités à faire face aux défis communs,

 

19.       Déclare son appui sans faille aux minorités musulmanes dans les pays non islamiques pour qu’elles puissent jouir des droits et libertés fondamentaux dans leurs  sociétés et exhorte les Etats non-islamiques à garantir les droits religieux, politiques, civiques, économiques, sociaux et culturels de ces minorités,

 

20.       Met l’accent sur l’importance de  développer et de promouvoir les économies des Etats islamiques  pour leur permettre de relever les défis et les impératifs de la mondialisation et appelle à la coopération et à l’intégration économique entre ces Etats et ce, par la création du climat approprié  pour les investissements  et la mise sur pied des coentreprises (joint-ventures) dans lesquelles les capitaux des Etats riches sont utilises pour le développement des Etats moins développés.

 

Le Comité Exécutif, menant à bonne fin ses travaux  au  Khartoum, se félicite d’exprimer ses remerciements à S.E.M. Ahmed Ibrahim Al-Tahir, Président de l’Assemblée Nationale Soudanaise, au chef du Groupe parlementaire soudanais ainsi qu’aux membres du Parlement et au peuple soudanais généreux et fidèle  pour l’ardeur de l’accueil, l’aimable hospitalité et la bonne organisation, ce qui a aidé  au succès du travail du Comité Exécutif. Avec les meilleurs voeux pour que le Soudan frère puisse surmonter cette situation extraordinaire et s’élancer ensuite en tant qu’Etat pilote  grâce à sa pensée, ses capacités et son célèbre patrimoine civilisationnel.