La Déclaration de Beyrouthélaborée par la 11ème Réunion du Comité Exécutif de l’Union Parlementaire des Etats Membres de l’OCI (UPCI) (Beyrouth - Liban, 8 Octobre 2004) (24 Sha’aban 1425H)
Le Comité Exécutif de l’Union Parlementaire des Etats Membres de l’OCI (UPCI) a tenu sa 11ème Réunion au siège de la Chambre des Représentants Libanaise, les 7 et 8 Octobre 2004 A.D (23 et 24 Sha’aban 1425H.) sous la Présidence de S.E. le Président Nabih Berry, Président du 7ème Conseil de l’UPCI. Ont assisté à la Réunion, les Membres représentant les trois groupes géographiques des Etats suivants : Liban, Sénégal, Maroc, Turquie, Iran, Koweït, Algérie, Guinée, et en absence de Cameroun et de Kazakhstan. Les participants ont discuté exhaustivement les développements et les défis auxquels font face les Mondes Arabe et Islamique. Il a été convenu que : 1. Le Sommet Arabe tenu à Beyrouth, Capitale de la République Libanaise les 27 et 28 Mars 2002, a offert une occasion précieuse pour l’établissement d’une paix juste et globale au Proche-Orient. L’appel lancé par la Syrie en vue de reprendre les négociations pacifiques, constitue une introduction importante pour réaliser l’initiative arabe lancée par le Sommet de Beyrouth. Les participants ont mis l’accent sur le fait que la mise en œuvre des Résolutions internationales N° 194, N° 242 et N° 338 constitue la base d’un règlement juste et global à la crise du Proche-Orient et ce, en procédant : a) De la réalisation du droit du peuple palestinien au retour, à l’autodétermination et à l’établissement de l’Etat palestinien avec comme Capitale Al-Qods Al-Charif. b) Du retrait des forces d’occupation israéliennes d’agression du Golan arabe syrien jusqu’aux frontières du 4 Juin 1967. c) Du retrait des forces d’occupation israéliennes d’agression des fermes de Cheba’a ainsi que des collines de Kfarchouba libanaises. 2. Condamnation des menaces israéliennes d’agression contre le Liban et la Syrie, de l’exécution d’assassinats à travers les frontières et des violations militaires de l’espace aérien et des eaux territoriales du Liban. Ils affirment le droit de la résistance libanaise à défendre le Liban et à répondre aux violations israéliennes, tout en rappelant le rôle primordial de la résistance dans la réalisation des objectifs de libération du peuple libanais. 3. Condamnation de la guerre barbare déclenchée par les forces de l’occupation israéliennes contre le peuple palestinien, qui représente le plus haut degré du terrorisme d’Etat : massacres quotidiens, destruction des maisons, dragage de terre, emprisonnement des milliers de palestiniens innocents dans les camps d’internement, tortures physique et psychologique, construction de colonies autour des villes et villages palestiniens et le déchirement de ceux-ci par le « Mur de Séparation raciste », et en outre, le refus de se conformer à l’Arrêt de la Cour Internationale de Justice du 9/7/2004 demandant l’arrêt de la construction et le démantèlement de la partie déjà construite. Les Participants ont également appelé à lancer une campagne diplomatique parlementaire plus large en vue d'exercer des pressions sur Israël pour qu’il traite les détenus arabes dans les prisons israéliennes comme prisonniers de guerre conformément à la 4ème Convention de Genève et de ses annexes. Ils ont, en outre, demandé au Monde Islamique d’adopter une position ferme en vue d’empêcher la Judaïsation d’Al-Qods et de déjouer toute tentative de faire disparaître son caractère islamique et chrétien. De plus, ils ont condamné les déclarations terroristes qui justifient les massacres contre les Palestiniens, voire appellent à les poursuivre en violation de l’esprit des religions célestes, qui appellent à la tolérance et au respect de l’âme humaine. A savoir également que ces déclarations vont à l’encontre des Droits de l’Homme. Les Participants ont demandé la condamnation de ces déclarations, de les distribuer et de les conserver comme documents de la dénonciation des violations commises contre le peuple palestinien et ses lieux saints. 4. Les Participants ont condamné les appels de certaines parties internationales d’implanter la diaspora palestinienne là où elle se trouve, c’est-à-dire dans les pays qui les accueillent actuellement, affirmant en même temps le droit du peuple palestinien au retour à son foyer, à l’autodétermination et à établir son Etat indépendant sur son territoire et soulignant que l’implantation des palestiniens là où ils se trouvent est contraire à toutes les lois et tous les usages internationaux et complique la crise humaine du peuple palestinien 5. Les Participants ont également exprimé leur vive inquiétude de la situation tragique en Irak et de l’anarchie qui est à l’origine de la détérioration de la sécurité, climat favorable à la prolifération du crime organisé, aux prises d’otages, à l’assassinat de personnalités, aux voitures piégées visant des innocents, ainsi qu’aux tentatives de semer la zizanie entre les Irakiens. Selon les Participants, la responsabilité de cette situation incombe aux forces d’occupation. Ils ont aussi souligné l’importance de « l’unité du peuple irakien », de l’intégrité territoriale de l’Irak, du respect de sa souveraineté et de son indépendance, du rôle des Nations-Unies et de ses responsabilités conformément à sa Charte et en particulier son rôle de frayer la voie devant le retrait des forces de l’occupation le plus tôt possible et de l’aide technique et consultative nécessaire à l’organisation des élections à l’échéance relevant de la Résolution pertinente du Conseil de Sécurité, de façon à représenter toutes les tendances du peuple irakien. 6. Les Participants ont également approuvé les remarques faites par Son Excellence le Président Nabih Berry, Président de la Chambre des Représentants Libanaise dans son message aux Présidents des Assemblées et Chambres Hautes dans le cadre de l’UPCI ainsi que dans son Allocution d’ouverture de la 11ème Réunion du Comité Exécutif de l’UPCI sur la Résolution N° 1559 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Ils ont confirmé que le droit de souveraineté du Liban lui assure la liberté d’apporter des amendements à sa constitution et de formuler ses relations avec ses frères et amis, et en particulier avec la Syrie de manière qui lui garantit ses intérêts. 7. Les Participants ont souligné la nécessité de faire de la région du Proche-Orient une région exempte des armes nucléaires et des armes de destruction massive, ajoutant que seul Israël s’oppose à cette orientation et veut faire de lui-même, une exception dispensée de l’application des Résolutions et Conventions internationales. En suite les participants adoptent la décision de la 31ème Conférence des Ministres des Affaires Etrangères des pays Islamiques prise à Istanbul le 16 juin 2004 qui appelle la Communauté Internationale et le Conseil de Sécurité à contraindre Israël à se conformer aux Résolutions des Nations-Unies, en particulier la Résolution 487 (1981) du Conseil de Sécurité, à adhérer au traité de non-prolifération nucléaire, à appliquer les Résolutions de l’Assemblée Générale et de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique stipulant que toutes les installations nucléaires israéliennes doivent être soumises au système global de garantie de l’Agence et qu’Israël doit s’engager clairement à renoncer à tout armement nucléaire et à fournir un état complet de ses stocks d’armes et de matière fissile au Conseil de Sécurité des Nations-Unies et à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, en tant que mesures indispensables à l’établissement au Moyen Orient d’une zone libre de tout armement de destruction massive, et au premier chef des armes nucléaires, élément fondamental pour l’instauration d’une paix juste et globale dans la région. 8. Les participants ont exprimé leur inquiétude concernant les pressions exercées sur la République Islamique d’Iran pour lui interdire de bénéficier de l’énergie nucléaire. Ils affirment le droit des peuples Islamiques de bénéficier de cette énergie à des fins pacifiques. Ils critiquent la politique de deux poids deux mesures adoptée par certaines Puissances et Organisations internationales au Moyen Orient, tout en ignorant les actions de l’entité sioniste qui s’effectuent loin de tout contrôle international menaçant par conséquent la paix et la stabilité de toute la région. 9. Les Participants ont également exprimé leur vive inquiétude des tentatives visant l’internationalisation du problème du Darfour au Soudan afin de détourner l’attention du pays de sa cause principale au Sud, après les Accords conclus entre le gouvernement et le Mouvement populaire pour réaliser la paix et la tranquillité et lancer le processus du développement global. Ils confirment également la nécessité de donner davantage de temps au gouvernement soudanais afin qu’il puisse imposer la sécurité et la stabilité dans la région sans aucune intervention étrangère. 10. Les Participants ont condamné le terrorisme sous toutes ses formes, en particulier le terrorisme d’Etat que représente Israël. Ils ont également rejeté la sélectivité et la politique de deux poids deux mesures dans la lutte contre le terrorisme tout comme ils ont refusé toute tentative visant à établir un lien entre le terrorisme et une religion ou une culture déterminée. Ils ont souligné la nécessité et l’importance de distinguer entre le terrorisme et la lutte légitime des peuples vivant sous l’occupation et la domination étrangère et ce, conformément à la Charte des Nations-Unies et au Droit International. 11. Les Participants constatent avec inquiétude les pratiques visant à s’immiscer dans les affaires intérieures des pays islamiques et ce, à travers le projet dénommé « Le grand Proche-Orient », qui renferme en effet un projet de domination et de mainmise sur les ressources humaines et naturelles dans la région islamique tout en faisant fi de ses particularités culturelles. 12. Les Participants appellent à promouvoir le dialogue entre les civilisations partant du «refus de toute classification sélective du monde », de toute arrogance et de tout esprit unilatéral. Ils appellent également à ouvrir la porte au monologue intérieur humain et à l’adaptation du doctrinaire avec le culturel dans le dialogue ente les civilisations pour parvenir, en fin de compte, à la mise en place d’une légalité internationale qui prend en considération l’illustration du rôle des religions dans le succès du dialogue des peuples et des sociétés. 13. Les Participants mettent l’accent sur la mise en place des principes communs entre les Etats islamiques pour améliorer leurs économies de manière à leur permettre de faire face aux politiques de la mondialisation et notamment par le biais d’élaboration des projets communs avec des capitaux nationaux communs et mutuels, la création d’un Marché Commun et des zones libres bilatérales et multilatérales qui facilitent l’intégration dans l’économie mondiale mais avec des conditions nationales. 14. Les Participants se sont mis d’accord sur la création d’un mécanisme pour la mise en œuvre de toutes les résolutions adoptées par l’UPCI et ce, après leur ratification par le Conseil prochain de l’UPCI qui se tiendra au mois de février 2005. |