Déclaration de Beyrouth

Issue de la 7ème Session du Conseil

de l’Union Parlementaire des Etats Membres de l’OCI (UPCI)

29 Duhl Hijjah 1425 H. 6 - 1er Muharram 1426H.

(9-10 Février 2005 )

            Le Conseil  de l’Union Parlementaire des Etats Membres de l’OCI (UPCI) a tenu sa 7ème Session au siège de l'Assemblée Nationale   Libanaise,  les 9 et 10 Février 2005 A.D  (29 Duhl Hijjah 1425 H. 6 - 1er Muharram 1426H.) sous la Présidence de S.E. le Président Nabih Berry, Président du 7ème Conseil de l’UPCI. Ont assisté à la Session, les Représentants de trente trois Etats Membres de l'UPCI.

 

            Les participants ont discuté des développements et des défis auxquels font face  les Mondes Arabe et Islamique, et ont décidé ce qui suit :

1.            Le Sommet Arabe tenu à Beyrouth, Capitale  de la République Libanaise les 27 et 28 Mars 2002, a offert une occasion précieuse pour l’établissement d’une paix juste et globale au Moyen  Orient  par le biais  de l'adoption de l'initiative  de Son Altesse  Emir  Abdalla Bin Al-Saoud, Prince Héritier du Royaume  d'Arabie Saoudite, considérée comme un plan arabe de paix.

 

L’appel lancé par la Syrie en vue de reprendre les négociations pacifiques, constitue une introduction importante pour la mise en œuvre de  l’initiative arabe lancée par le Sommet de Beyrouth.

 

Les participants ont mis l’accent sur le fait que la mise en œuvre des Résolutions internationales N° 194, N° 242 et N° 338 constitue la base d’un règlement juste et global de la crise du Moyen  Orient partant de là :

 

a)     Mettre un terme à l'occupation  israéliennes  permettant la réalisation du droit du peuple palestinien  au retour, à l’autodétermination et à l’établissement  de l’Etat palestinien indépendant avec comme Capitale Al-Qods Al-Charif.

 

b)     Retrait des forces d’occupation israéliennes d’agression du Golan arabe syrien  jusqu’aux frontières du 4 Juin 1967.

 

c)      Retrait des forces d’occupation israéliennes d’agression  des fermes de Cheba’a ainsi que des collines de Kfarchouba libanaises.   

2.            Les Participants ont condamné des menaces israéliennes d’agression contre le Liban  et la Syrie, les assassinats transfrontaliers  et les violations militaires  de l’espace aérien et des eaux territoriales du Liban. Ils affirment le droit de la résistance libanaise à défendre le Liban et à répondre aux violations israéliennes, tout en rappelant le rôle primordial de la résistance dans la réalisation  des objectifs de libération du peuple libanais. 

3.            Les Participants ont condamné la guerre barbare déclenchée par les forces de l’occupation israélienne contre le peuple palestinien, qui représente le plus haut degré du terrorisme d’Etat, massacres quotidiens, destruction des maisons, dragage  de terre, emprisonnement des milliers de palestiniens innocents dans les camps d’internement, tortures physiques et psychologiques, la construction de colonies autour des villes et villages palestiniens et le déchirement de ceux-ci par le « Mur de Séparation raciste » et en outre, le refus de se conformer à l’Arrêt  de la Cour Internationale de Justice du 9/7/2004 demandant l’arrêt de la construction  et le démantèlement de la partie déjà construite et la compensation de ceux qui ont été lésés . 

Les Participants ont également appelé à lancer une campagne diplomatique parlementaire plus large en vue d'exercer des pressions sur Israël pour qu’il traite les détenus arabes dans les prisons israéliennes, comme prisonniers de guerre conformément à la 4ème Convention de Genève  et de ses protocoles et œuvrer par tous les moyens pour libérer  les prisonniers et les détenus et notamment les Parlementaires. 

 Ils ont, en outre, demandé au Monde Islamique d’adopter une position ferme en vue d’empêcher la Judaïsation d’Al-Qods et de déjouer toute tentative de faire disparaître son caractère  islamique et chrétien.  De plus, ils ont condamné les déclarations terroristes qui justifient les massacres des Palestiniens, voire appellent à les poursuivre en violation de l’esprit  des religions célestes, qui appellent à la tolérance et au respect de l’âme  humaine. Ces Déclarations vont également à l’encontre des principes de Droits Humains. Les Participants ont demandé la condamnation de ces déclarations, de les documenter de les distribuer et de les conserver comme documents pour la dénonciation des violations commises contre le peuple palestinien et ses  Lieux Saints. 

4.            Les Participants ont condamné les appels de certaines parties internationales d’implanter la diaspora  palestinienne là où elle se trouve, c’est-à-dire dans les pays qui les accueillent actuellement, affirmant en même temps le droit du peuple palestinien au retour à son foyer, à l’autodétermination  et à établir son Etat indépendant sur son territoire  et considèrent que toutes les formes d'implantation et d'émigration  des Palestiniens sont contraires   à toutes les lois et tous les droits et conventions internationaux et complique la crise humaine du peuple palestinien 

5.            Les Participants  ont également exprimé leur vive inquiétude de  la conjoncture tragique en Irak et de l’anarchie galopant entraînant le chaos qui est à l’origine  de la détérioration  de la sécurité, climat favorable à la prolifération du crime organisé, aux prises d’otages, à l’assassinat de personnalités, aux voitures piégées visant des innocents, ainsi qu’aux tentatives de semer la zizanie entre les Irakiens. Selon les Participants, la responsabilité de cette situation incombe aux forces d’occupation. Ils ont aussi souligné l’importance de « l’unité du peuple irakien », de l’intégrité territoriale de l’Irak, du respect  de sa souveraineté   et de son indépendance, du rôle des Nations Unies  et de ses responsabilités conformément à sa Charte  et en particulier  son rôle  visant à frayer  la voie au retrait des forces d’occupation et ont dénoncé toutes les tentatives d'exacerber  les sensibilités communautaires, sectaires et ethniques.  

6.            Les  Participants ont également approuvé les remarques faites par Son Excellence le Président Nabih Berry, Président de l'Assemblée Nationale Libanaise dans son message aux Présidents des Assemblées  et Conseils Consultatifs dans le cadre de l’UPCI ainsi que dans son Discours d’ouverture de la 7ème Session du Conseil de l’UPCI sur la Résolution  N° 1559 du Conseil de Sécurité de l’ONU. 

Ils ont confirmé que le droit de souveraineté du Liban lui assure le droit de porter des amendements à sa Constitution et de concevoir ses relations avec ses frères et amis, et en particulier  avec la Syrie, de la  manière qui lui garantit ses intérêts. 

7.            Les Participants ont souligné la nécessité de faire de la région du Moyen  Orient  une région exempte d'armes nucléaires et d'armes de destruction massive, ajoutant que seul Israël s’oppose à cette  Orientation et veut faire de lui-même, une exception dispensée de l’application  des Résolutions et Accords internationaux. Les Participants ont ensuite adopté la Résolution  de la  31ème Conférence des Ministres des Affaires Etrangères des pays Islamiques adoptée  à Istanbul le 16 juin 2004 qui appelle la Communauté Internationale et le Conseil de Sécurité à contraindre Israël à se conformer aux Résolutions des Nations Unies, en particulier la Résolution 487 (1981) du Conseil de Sécurité, à adhérer au traité de non-prolifération nucléaire, à appliquer les Résolutions de l’Assemblée Générale et de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique stipulant que toutes les installations nucléaires israéliennes doivent être soumises au système global de garantie de l’Agence et qu’Israël doit s’engager clairement à renoncer à tout armement nucléaire et à fournir un inventaire  complet de ses stocks d’armes nucléaires et de matière fissile au Conseil de Sécurité des Nations Unies et à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, en tant que mesures indispensables à l’établissement au Moyen  Orient d’une zone libre de tout armement de destruction massive, et au premier chef des armes nucléaires, élément fondamental pour l’instauration d’une paix juste et globale dans la région.   

8.            Les participants ont exprimé leur inquiétude au sujet des pressions exercées sur la République Islamique d’Iran pour lui interdire de bénéficier de l’énergie nucléaire. Ils ont affirmé le droit des peuples Islamiques de bénéficier de cette énergie à des fins pacifiques. Ils ont critiqué la politique de deux poids deux mesures adoptée par  certaines Puissances et Organisations internationales au Moyen  Orient, tout en ignorant les actions de l’entité sioniste qui s’effectuent loin de tout contrôle international menaçant par conséquent la paix et la stabilité de toute la région. 

9.            Les Participants ont également exprimé leur vive inquiétude des tentatives visant l’internationalisation du problème du Darfour  au Soudan afin de détourner l’attention du pays de sa cause principale au Sud, suite aux Accords conclus entre le Gouvernement et le Mouvement populaire soudanais appuyées par les Participants, et  visant à  réaliser la paix et la stabilité et lancer le processus du développement global. Ils ont confirmé également la nécessité de donner davantage de temps au Gouvernement soudanais afin qu’il puisse imposer la sécurité et la stabilité dans la région  sans aucune intervention étrangère. Les Participants ont confirmé leur appui au gouvernement soudanais dans la reconstruction des régions endommagées par la guerre, et également avec la Conférence des donateurs ainsi que leur appui à l'Accord   de la paix. 

10.       Les Participants ont condamné le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, en particulier le terrorisme d’Etat que représente Israël. Ils ont également rejeté la sélectivité et la politique de deux poids deux mesures dans la lutte contre le terrorisme tout comme ils ont refusé toute tentative visant à établir un lien entre le terrorisme et une religion ou une culture déterminée. Ils ont souligné la nécessité et l’importance de distinguer entre le terrorisme et la lutte légitime des peuples vivant sous l’occupation et la domination étrangère et ce, conformément à la Charte des Nations Unies et au Droit International.  Les Participants ont confirmé les Résolutions  et les Recommandations adoptées par la Conférence Internationale sur  le terrorisme tenue à Riyad et ont demandé la mise en œuvre  et l'interaction  avec elles. 

11.       Les Participants ont pris note  avec inquiétude des pratiques visant à s’immiscer dans les affaires intérieures des pays islamiques et ce, à travers le projet  dénommé « Le grand Moyen  Orient », qui renferme en effet un projet de domination et de mainmise  sur les ressources humaines et naturelles dans la région islamique ainsi que d'imposer l'hégémonie et la fragmentation tout en faisant fi  de ses  particularités culturelles. 

12.       Les Participants ont appelé à promouvoir le dialogue entre les civilisations partant du «refus de toute classification sélective du monde », de toute arrogance et de tout esprit unilatéral.  Ils ont appelé également à ouvrir la porte au monologue intérieur humain et à l’adaptation du doctrinaire avec le culturel dans le dialogue ente les  civilisations pour parvenir, en fin de compte, à la mise en place d’une légalité internationale qui prenne en considération  l’illustration du rôle des religions dans le succès du dialogue entre  peuples et les sociétés. 

13.       Les Participants ont mis l’accent sur la mise en place des principes communs entre les Etats islamiques pour améliorer leurs économies respectives de manière à leur permettre de faire face aux politiques de la mondialisation et notamment par le biais d’élaboration des projets communs avec des capitaux nationaux communs et mutuels, la création d’un Marché Commun et des zones franches bilatérales et multilatérales qui facilitent l’intégration dans l’économie mondiale mais avec leurs conditions nationales. 

14.       Les Participants  ont demandé de mettre un terme au boycotte économique, commercial, social  et politique des turcs chypriotes.  

15.       Les  Participants ont également demandé la recherche d'une solution au conflit du Cachemire et ce, de manière  conforme aux Résolutions des Nations Unies  et en mettant fin aux actes  de meurtres, de violations  et d'attaques perpétrés conte le peuple cachemiri.  

16.       Les Participants ont rappelé les précédentes Résolutions invitant les Etats Islamiques  à régler  leurs différends bilatéraux par le dialogue et encourageant   les initiatives et les efforts  pacifiques en faveur  de la solution des conflits.  

Les participants ont exprimé leur souhait de mettre en œuvre l'Arrêt  de la Cour Internationale de Justice  qui a réalisé  le retour de la péninsule de Bakassi au Cameroun, car le respect total de cet Arrêt représente le meilleur moyen de préserver la paix entre le Nigeria  et le Cameroun qui sont tous des pays  africains frères, tous deux Membres de l'OCI.