Du message adressé le 29/12/2004 par S.EM. Nabih Berry, Président de la Chambre des Représentants Libanaise, Président du Conseil de l’UPCI, sur la Décision française de suspendre la diffusion de la chaîne de la Télévision libanaise « Al-Manar »  en Europe

Monsieur le Président,

Les libertés médiatiques bénéficiant d’une immunité de principe ont récemment subi un choc injustifié de la part des personnes chargées de protéger les principes de la liberté, de la justice et de l’égalité, choc résultant de l’arrêt de la diffusion de la Télévision Al-Manar (Groupe Libanais de Communication), conformément à une ordonnance à caractère exceptionnel adopté par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel en France, malgré la convention conclue entre ce Conseil et l’Administration de ladite Télévision. L’administration Française concernée a, par la suite, manqué à ses engagements envers la Télévision Al-Manar, abandonnant par conséquent  sa position neutre vis-à-vis du conflit israélo-arabe, en réponse aux pressions du lobby sioniste et du gouvernement israélien, ce qui d’ailleurs a été confirmé par le Ministre Israélien des Affaires Etrangères.

La Télévision Al-Manar ne fait que diffuser les réalités de l’agression israélienne à l’encontre du peuple palestinien, dénoncer le racisme sioniste, documenter le terrorisme d’état représenté par Israël et perpétré quotidiennement contre les hommes, les arbres et les pierres en Palestine occupée. Il s’agit là de faits que nous voyons quotidiennement dans les médias visuels internationaux, notamment français, à l’exception de certains qui appuient les politiques agressives d’Israël pour des raisons que nul n’ignore et qui ne tiennent nullement compte des concepts de base, des principes humanitaires et du droit humanitaire dans le but d’occulter les vérités, de faire prévaloir le point de vue unilatéral au détriment de l’objectivité. Ceci empêche, par conséquent, le développement d’une connaissance équilibrée qui permet de constituer une opinion publique internationale capable d’exercer des pressions en vue de parvenir à une solution juste et globale à la cause du Moyen Orient, loin des pratiques racistes et de la discrimination raciale qui caractérisent la politique et les médias israéliens dirigés non seulement envers les Arabes mais envers tous ceux qui ne partagent pas le même avis qu’Israël.

Monsieur le Président,

L’arrêt de la diffusion de la Télévision Al-Manar en France nécessite que nos parlements adoptent une prise de position ferme et sérieuse pour établir un dialogue objectif sur les véritables raisons qui ont conduit à cette situation. En effet, il est inadmissible d’imposer aux autres une position contraire à leur propre position en ayant recours à l’interprétation politique des lois, ce qui en soi constitue une hérésie dans le domaine des lois et des législations dont nous craignons que la France, cet Etat ami, n’en soit une victime.